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10/2005

Rentrée politique : interview de J.-G. Talamoni



Le Ribombu a rencontré l'élu nationaliste pour faire le point sur la situation politique et les dossiers en cours, l'évolution à l'Assemblée de Corse, un exécutif en difficultés, l'état de l'union que certains aimeraient voire disparaître, Corsica Nazione Indipendente et le procès Castela Andriuzzi qui s'approche.

U Ribombu : Vous êtes élu à l'Assemblée de Corse depuis 1992, cela fait donc 13 ans que vous y siégez. Quelle évolution avez-vous constaté depuis l'époque de Jean-Paul de Rocca Serra, puis de José Rossi pour arriver aujourd'hui à Camille de Rocca Serra ?
Jean-Guy Talamoni :
Les choses se sont considérablement dégradées. Même si les précédents responsables de la Collectivité Territoriale de Corse n'étaient pas nos amis politiques, ils avaient quand même davantage de compétences que ceux que nous connaissons aujourd'- hui, qui sont totalement incapables de gérer les affaires de la Corse. On ne peut pas parler d'une évolution positive, et c'est un euphémisme !

U Rib. : Jean-Guy Talamoni, vous êtes élu à l'Assemblée de Corse au nom de l'Unione Naziunale depuis un an et demi, quel bilan pouvez-vous tirer ?
J.-G. T. :
Le bilan est globalement positif, le groupe Unione Naziunale à l'Assemblée de Corse a traité de différents dossiers dans les domaines économiques, sociaux et culturels, mais surtout, s'est comporté comme une vraie force d'opposition face à l'exécutif et au président de l'Assemblée. Le groupe Unione Naziunale a contribué a plusieurs reprises à mettre en difficulté l'exécutif et il a même été le moteur principal de l'opposition qui a mis en minorité cet exécutif.
Globalement, on peut dire que les choses se sont passées correctement.

U Rib. : L'exécutif de l'Assemblée de Corse a été mis en minorité à plusieurs reprises. Qu'est-ce qui manque aujourd'hui pour le renverser et obtenir sa destitution ?
J.-G. T. :
L'opposition est constituée de groupes qui sont extrêmement différents et il n'y a pas de cohésion d'ensemble si ce n'est pour mettre en cause l'exécutif et pour le mette en minorité sur certains dossiers comme le PADDUC, le PIFFEN et des dossiers concernant des secteurs bien délimités. Ce défaut de cohésion de l'opposition fait qu'il est très difficile aujourd'hui de déposer une motion de censure avec un exécutif de substitution comme l'impose le statut. Toutefois, il y aura des événements importants comme le vote du budget, à l'occasion duquel l'opposition pourra de nouveau mettre efficacement en minorité l'exécutif.

U Rib. : Quel est l'état de l'Unione Naziunale actuellement ?
J.-G. T. :
Déjà, chacun aura pu constater un an et demi après la création de l'Unione qu'il ne s'agissait pas, comme l'annonçaient certains observateurs prétendument avisés, d'une union électorale. On annonçait qu'elle ne survivrait pas aux élections, alors qu'elle s'est poursuivie et qu'elle a même été renforcée. Une coordination nationale a été crée, des comités locaux également. Cette union a globalement progressé. Bien entendu, on ne peut pas dire qu'elle ait atteint aujourd'hui sa pleine efficacité. Il faut continuer à travailler.
Les débats de fond sur les sujets qui ne font pas l'objet d'un consensus, comme la clandestinité ou comme la revendication de l'Indépendance, doivent être poursuivis. Il faut également renforcer notre présence sur le terrain, à travers les luttes quotidiennes, sur la spéculation immobilière, sur la langue corse, sur la décorsisation des emplois, sur la défense des prisonniers politiques. Il est important que les nationalistes aillent ensemble sur le terrain.

U Rib. : Corsica Nazione Indipendente participe activement à l'Unione Naziunale, quels sont le rôle et la place du parti indépendantiste au sein de la Lutte de Libération Nationale ?
J.-G. T. :
L'union n'a pas fait disparaître les partis politiques qui l'ont constituée. Le PNC porte son discours et Corsica Nazione Indipendente, comme la Chjama, développe un discours spécifique. CNI a comme spécificité au sein de l'union sa solidarité politique à l'égard du FLNC d'une part, et d'autre part l'objectif d'indépendance nationale. Bien entendu, Corsica Nazione Indipendente ne va pas renoncer à cet objectif parce qu'elle participe à l'union.
A côté du discours de l'union auquel prennent part les responsables et les militants d'Unione Naziunale, il y a le discours de Corsica Nazione Indipendente qui mérite également d'être porté au quotidien.

U Rib. : quelle est la position de l'Unione Naziunale sur le conflit à la SNCM ?
J.-G. T. :
Unione Naziunale défend le projet de création d'une compagnie publique maritime corse. C'est une position ancienne des nationalistes et aujourd'hui, c'est la seule alternative sérieuse à la privatisation de la SNCM. Les marins du STC mènent un combat exemplaire à cet égard. Ils viennent d'être rejoints par la CGT sur cette position, ce dont nous nous réjouissons.

U Rib. : Le préfet Bernard Bonnet a publié un nouveau livre annonçant encore des révélations. Que pensez- vous de l'attitude de celui que l'Unione Naziunale a traité de " préfet incendiaire " ?
J.-G. T. :
Aujourd'hui, le préfet Bonnet se distingue à nouveau en intervenant dans une procédure judiciaire en cours, par rapport à un procès extrêmement lourd qui va se dérouler dans quelques mois : le procès Castela Andriuzzi.
L'intervention du préfet Bonnet a pour objet de venir à la rescousse d'une accusation qui est véritablement dans une mauvaise posture compte tenu du vide sidéral du dossier.
C'est réellement quelque chose de scandaleux. Ce livre porte atteinte à la présomption d'innocence des accusés. Il vise à semer le trouble à la veille de ce procès.

U Rib. : Par rapport à ce procès, quelle sera la position de Corsica Nazione Indipendente ?
J.-G. T. :
Bien entendu, Corsica Nazione Indipendente soutient depuis le début, et continuera à soutenir, Jean Castela et Vincent Andriuzzi. Par ailleurs, Unione Nazionale a pris une position extrêmement claire sur la question. Nous serons aux côtés de Jean et de Vincent au cours du procès.

Propos reccueillis par Felice Baciocchi





 

© Corsica Nazione Indipendente — 2008