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08/2005

Une délégation de CNI à Tonalestate (Italie)


Toutes les luttes de libération se sont toujours appuyées sur un soutien international. C'est un élément que les dirigeants de Corsica Nazione Indipendente ont parfaitement compris. Ils étaient à Tonalestate en Italie pour parler de la lutte du peuple corse pour retrouver son indépendance.


Comme chaque année, Corsica Nazione Indipendente a été représentée aux journées internationales organisées par l'association Tonalestate, à Ponte di Legno, dans les Dolomites (Italie). À cette occasion, Gabriel Mouesca, ancien prisonnier politique basque et actuellement Président de L'Observatoire International des Prisons, a fait une importante conférence sur la condition carcérale en France. Pour sa part, Jean-Guy Talamoni a présenté la question corse à l'auditoire, sous l'angle proposé cette année par les organisateurs de Tonalestate (voir ci-dessous).

Pour cette nouvelle édition, le comité directeur de l'association avait choisi le thème suivant : " Per un principio superiore - La politica… ", le point de départ des débats étant constitué par une citation de Machiavel et un tableau de Füssli : " L'incube ".

En marge de cette manifestation, la délégation de Corsica Nazione Indipendente a eu une longue rencontre bilatérale avec la délégation du Sinn Féin, à un moment où, en Irlande, l'actualité s'accélère et la cause de la paix semble avancer à grands pas.

Petru Paulu Ottavi




Extraits de l'intervention de Jean-Guy Talamoni à Tonalestate



" Réconcilier politique et éthique, particulier et universel… Cet objectif peut paraître utopique. Pourtant, c'est l'objectif inverse qui ne l'est pas. Est-ce que l'on peut sérieusement imaginer que des milliards d'êtres humains vont renoncer sans sourciller à être ce qu'ils sont ? Autrefois, on expliquait aux colonisés qu'ils devaient se soumettre au nom de la civilisation. Depuis déjà un siècle, il est admis, à travers le " relativisme culturel ", qu'un système de valeurs ne peut être jugé à partir d'un autre système de valeurs, et qu'il n'y a pas de hiérarchie entre les cultures. Comment pourrait-on nous convaincre d'acquiescer à l'idée de notre disparition collective ? Certainement pas au nom de valeurs universelles, tant que nous garderons en mémoire ces quelques mots de Hegel qui furent longtemps médités par Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor : " Ce n'est pas par la négation du singulier que l'on va vers l'universel, c'est par son approfondissement. "

Les maîtres du monde doivent se convaincre qu'ils ne se débarrasseront pas, par les voies policières et militaires, du problème que continuent à leur poser de petits peuples rebelles comme le nôtre.

La culture stratégique développée par l'Europe depuis la fin de la dernière guerre mondiale consiste à donner la priorité à la diplomatie, au droit international, au multilatéralisme. C'est évidemment une bonne chose. On est passé de la conception de Hobbes, celle d'un monde anarchique, à celle de Kant et de sa " paix perpétuelle ". On a prétendu abandonner les théories politiques amorales de Machiavel au profit d'une éthique nouvelle qui a, il est vrai, apporté depuis 1945 quelques résultats dans les relations entre Etats européens. Malheureusement, l'unilatéralisme et l'usage brutal de la force sont, à l'intérieur même de l'Europe, toujours de mise à l'égard de certains peuples sans Etats qui refusent de disparaître : les Basques, les Corses… Egalement les Irlandais jusqu'à il y a quelques années.

Les responsables européens les plus puissants devraient réellement oublier les préceptes machiavéliens - notamment le " divide et impera " si souvent appliqué en Corse - et mettre en oeuvre à l'intérieur des frontières de l'Union les leçons qu'ils prétendent enseigner au reste du monde, en réglant les problèmes basque et corse par la négociation. Ce chemin semble avoir été choisi pour l'Irlande et l'Union européenne s'est impliquée dans le processus de paix. Les autorités communautaires ne peuvent, par exemple, laisser la France traiter le problème corse par une voie répressive porteuse de drames, d'autant qu'elle est vouée à l'échec.

En ce qui nous concerne, notre message est un message de paix. C'est bien à une démarche de réconciliation que nous invitons les différentes parties aux multiples conflits actuels : réconciliation entre les peuples, réconciliation entre politique et éthique, réconciliation entre particulier et universel. "





 

© Corsica Nazione Indipendente — 2008