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07/2006

Corsica Nazione Indipendente en ligne de mire

Les récentes interpellations suivies de mises en garde à vue de Petru Paoli et de Paulu Medurio affichent la volonté de l’actuel gouvernement français à cibler Corsica Nazione Indipendente. Un ciblage qui évidemment traduit le choix politique d’intimider, et de réprimer celles et ceux qui dans ce pays, face à une situation de non développement économique et culturel, de dérèglements sociaux, et d’assistanat politique optent pour une toute autre voie que celle imposée par le système en place.

Dans le contexte actuel, ces interpellations résonnent comme une provocation car elles touchent tout particulièrement un membre de l’exécutif de l’organisation indépendantiste, et donc porteuses d’un message très clair : le gouvernement ne peut tolérer celles et ceux qui publiquement préconisent une toute autre approche en stigmatisant au passage l’incapacité chronique de l’exécutif de l’actuelle collectivité territoriale à prendre la mesure et les initiatives nécessaires du problème politique posé et les pistes exploratoires qui peuvent en résulter, ainsi que son alignement inconditionnel sur Paris…

D’ailleurs cet alignement politique est nettement plus perceptible depuis plusieurs semaines. Comme le souligne Joseph Guy Poletti dans le dernier « Corsica » du mois de juin, l’offensive libérale tant sur le littoral (« désanctuarisation » du littoral), sur le ciel (libéralisation du marché aérien), et la signature d’une convention avec l’Agence française pour les investissements internationaux donnent le ton : une offensive « libérale » et déstructurante et qui, dans l’état actuel des choses, en l’absence de tout moyen institutionnel et juridique susceptible de promouvoir et d’émanciper la Corse et sa communauté en tant qu’entité citoyenne reconnue, ne fera qu’accroître au nom de la concurrence et de la loi du marché, la dépossession d’une terre et la dilution programmée de son peuple et de tous ses acquis, ses apports linguistiques, culturels et sociaux, et donc d’accélérer sa minorisation...

La diversité et la multiplicité des menées répressives donnent le ton de cet acharnement répressif auquel est sujet Corsica Nazione Indipendente. Outre Petru Paoli, Paulu Medurio élu municipal d’Aiacciu mais aussi Felice Marcellesi détenu politique ont eu à subir ces méthodes policières d’intimidation, rejoignant la liste des personnes qui depuis des semaines ont eu à vivre – et à toucher du doigt – les comportements agressifs d’un point de vue physique et moral des fonctionnaires responsables sur le terrain des commissions rogatoires délivrées par ces juges de l’exception judiciaire… Il y a peu l’arrestation et la déportation de Niculau Pinzuti, militant de Corsica Nazione Indipendente et de deux autres personnes se sont déroulées dans de dangereuses conditions, faisant fi de la présence au petit matin d’un enfant en bas âge que l’on braque en étant cagoulé après avoir défoncé furieusement la porte d’entrée de l’appartement, et de la santé d’une jeune femme qui par la suite a fait une fausse couche… Plus près encore, l’arrestation du fils de Carlu Pieri a montré la facilité de quelques policiers d’élite à user de leur arme… Et l’acharnement des poursuites construites abusivement autour de Charles Pieri sous prétexte d’une prétendue piste « BTP » ne fait que démontrer que décidément tout est permis dans cette « république » française où de récentes et ténébreuses affaires juteuses ont mis en évidence la réalité d’un gouvernement totalement dépourvu d’éthique et de morale, détournant à son profit l’indépendance judiciaire pour mieux l’instrumentaliser notamment à l’égard de la Corse…

Une logique de visée répressive axée particulièrement sur Corsica Nazione Indipendente mais étendue aussi à l’ensemble de la société corse, dés lors qu’il faut démontrer sur le terrain que force reste à la répression : les interpellations d’agriculteurs sur fond de présence massive de gendarmes en armes et celles de salariés d’EDF sont là pour le démontrer, et le rappeler…

Aussi quand M. Suzzoni parle de « gangstérisation » de la profession qu’il représente au titre de président de la chambre d’agriculture de la Haute-Corse, il ne s’y trompe pas, et cette campagne d’intimidation et d’intoxication mensongère est récurrente dans l’histoire de la Corse Française…

Il n’est qu’un Camille de Rocca Serra qui, ayant sans doute très mal pris la conférence de presse du Rinnovu devant la mairie de Portivechju, « sa » mairie sur laquelle il veille jalousement et pour cause, pour prétendre devant l’argumentation des militants de cette organisation stigmatisant l’actuelle construction du PADDUC, que « nous sommes dans un état de droit » (sic !) et qu’il « faut laisser les choses se faire » !!! On ne pouvait mieux attendre de ce prétendu ami du ministre de l’intérieur, et de certains comédiens qui se complaisent à bronzer idiots dans la région de l’extrême sud, qui après son insultante « désanctuarisation » éructe orgueilleusement son approbation du système et de la situation actuelle…

Un fossé continue de se creuser. Et au moment où des exemples européens – malgré nombre de difficultés – mettent en évidence, en Irlande du Nord comme au Pays Basque, les explorations politiques susceptibles de régler des aspirations identitaires, il reste un pays ultra centralisé selon sa pensée uniformisatrice qui s’enferme pour la Corse dans un délire sécuritaire. Et quand on voit, à l’orée des futures élections présidentielles françaises une Ségolène Royal chasser sur les terrains néo conservateurs d’un Nicolas Sarkozy, lui-même tentant de ravir à un Le Pen la paternité de ses slogans cadencés aux bruits de bottes, on ne peut que continuer à s’interroger sur le sort de notre île et de son droit à la différence…

Le ciblage de Corsica Nazione Indipendente répond à ces impératifs policiers et judiciaires qui sont les attributs de la politique de l’actuel gouvernement français en Corse. Il démontre que l’état de droit est un état arbitraire où toute expression dérangeant la mise en place progressive et spoliatrice du PADDUC censé satisfaire les différents desseins affairistes à grande échelle doit être restreinte, atténuée sinon étouffée.

L’appareil judiciaire en Corse, tout comme le pouvoir politique sont des instruments au service de ceux qui ont déjà concocté pour notre île un schéma de sonnant et trébuchant bronze-cul européen selon la vieille formule de Mussolini la « cage sans les oiseaux »…

Face à une offensive libérale inavouée dans ses véritables intentions, mais nettement perceptible, l’union stratégique du mouvement national doit s’affirmer pour constituer, outre un rempart, une alternative de construction pour démontrer qu’un développement durable à travers une citoyenneté corse reconnue est possible.

Aucune répression imbécile et aveugle n’aura raison d’une organisation, et encore moins d’un peuple uni dans son combat et sa diversité. La répression n’est que la lâche démonstration de l’incapacité dont fait preuve le gouvernement à prendre en considération l’aspiration du peuple corse à vivre son légitime et naturel droit à la différence.

Ulivieru Sauli





 

© Corsica Nazione Indipendente — 2008