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10/2007

Pianu Lucali d’Urbanisimu



Le P.L.U. s’appuie sur un choix directeur en matière de développement économique : il traduit un « tout tourisme » néfaste à terme pour les intérêts collectifs de notre région.

Le tourisme est, par les tenants du P.L.U., définit comme : « La principale activité de la commune ». Cette définition ancre la commune dans la dépendance – et non dans la complémentarité – un secteur économique par rapport aux autres secteurs, le secondaire et le tertiaire.

Pire, aux antipodes de toutes considérations identitaires, culturelles et sociales, il réfute comme principal acteur et bénéficiaire la communauté porto vecchiaise, au même titre que actuellement le Peuple corse l’est à l’échelle de son naturel territoire insulaire.


Non au P.L.U.

Nous réfutons la légitimité de ce P.L.U. : Il consacre la disparition d’un tissu communautaire historique au profit d’une logique de développement économique basée sur uniquement sur un tourisme orienté et dévoyé. Il induit également un accroissement de la colonisation de peuplement dont une partie non négligeable pourra répondre à la logique poussée des ventes accrues de terrains côtiers.

Il est d’ailleurs précisé dans le rapport de présentation du P.L.U. (Page 43) que « les résidences secondaires ont représenté la majeure partie de la production ces dernières décennies ». L’augmentation des résidences secondaires est tout autant suivie – toujours selon le même rapport – « d’une forte consommation d’espace. C’est tout autant à un mitage défigurant que l’ensemble des côtes est voué : l’exemple de Santa Ghjulia est là pour le rappeler. Les sites de Palumbaghja, Purapu, et de a Chjappa prennent la même voie. Cette logique de dépossession communautaire et de bétonnisation, nous la refusons.

Le P.L.U. s’appuie sur un choix directeur en matière de développement économique : il traduit un « tout tourisme » néfaste à terme pour les intérêts collectifs de notre région.


Une communaute minorisée

L’absence d’un corps citoyen corse implique à l’échelle communale que les corses, à travers ce P.L.U. seront minorisés au profit de logiques culturelles et sociales déstructurantes engendrées à la fois par la présence française et le choix de développement économique.

Notre équilibre communautaire est menacé. L’absence d’un encadrement juridique spécifique ôte la possibilité aux corses d’être acteurs de leur devenir au sens collectif du terme.

D’une part le choix du « tout tourisme » induit une augmentation des activités touristiques et de Bâtiments et Travaux Publics. Il est d’ailleurs reconnu en page 32 du rapport de présentation que « Porto Vecchio (et non Porti Vecchju bien sur) est une ville dynamique comme en témoigne son solde migratoire positif. De nombreux étrangers y migrent, notamment grâce à l’importance du secteur BTP et du tourisme. En 1999, la part des étrangers à Porto vecchio (22.9%) est nettement plus forte que celle du département ou de la région, respectivement 10.4% et 9.9% ». Evidemment par étrangers ici, il ne faut pas comprendre présence et installation des nombreux français…

Il est donc inévitable d’affirmer que parallèlement à la croissance démographique de la commune (12 000 habitants aujourd’hui), la communauté corse tend elle à se minorité…


Une disparition programmée

La spatialité du développement économique orienté et son corollaire la colonisation de peuplement ne se résument pas à la seule ville et ses extensions urbaines. Les hameaux de la commune sont eux aussi menacés de disparaître, et à travers eux les valeurs culturelles, sociales et familiales spécifiques à chacun d’entre eux.

Les hameaux limitrophes à la cité comme u Pricoghju, Murateddu, a Palavesa, a Tirnità subissent une dépossession et une urbanisation caractéristique. Ceccia, a Petra d’Arca, i Pianedda, Farrucciu, Renaghjolu, tassu Russu deviennent l’objet de nombreuses convoitises. Mela, Bala, a Pascialedda, u furconu, Alzu di Ghjaddina présentent les premiers prémisses cette dépossession.

Parallèlement et contradictoirement à cette poussée démographique, l’absence d’un plan offensif de logements sociaux – contré sur le terrain par une poussée de projets immobiliers de luxe – pose à court terme la question de l’accès au logement, au même titre que le droit à la propriété privée pour de nombreux corses, compte tenu des flambées spéculatives des prix sur les ventes des terrains.


Un développement à deux vitesses

Les schémas infra structuraux accompagnent tout naturellement ce dessein. La circulation routière et portuaire suppose une gestion des flux et donc un aménagement voir une modification spatiale à cet égard.

C’est donc dans cette logique qu’il faut situer le pharaonique projet de port de plaisance au coût exorbitant par rapport aux deniers communaux. La destination plaisance s’articule ici avec la destination golfique de trois projets clairement identifiés portés bien évidemment par personnes en lien directe avec la municipalité sortante… Cette vision d’un Saint Tropez méditerranéen qui certes sied si bien aux gens comme Camille de Rocca Serra et à son cercle du Show Biz qu’il a introduit ici et là comme Messieurs Clavier, Hallyday ou Sardou se heurtera inévitablement à la réalité sociale et culturelle de notre communauté.

Ce P.L.U. dessine les contours d’une société à deux vitesses. Nous lui disons non.

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