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06/08/2005

Débat International : l'exemple irlandais en filigrane


Le samedi matin des ghjurnate a été consacré à la traditionnelle conférence de presse des délégations étrangères invitées. L'exemple irlandais a été longuement débattu. Les délégations présentes se sont exprimées sur la situation de leurs pays. Des échanges enrichissants.


La délégation Nord-irlandaise était impatiemment attendue pour expliquer, détailler, éclairer la réalité du processus politique de paix dont le récent communiqué de l'Irish Republican Army donne un nouvel aperçu historique avec l'annonce officielle de l'arrêt de la lutte armée. Elle s'est malheureusement décommandée au dernier moment, actualité oblige. Mais en présence d'autres représentations étrangères et solidaires de la lutte du peuple corse, c'est bel et bien ce processus, qui servit de support au débat richement animé lors de la conférence de presse de présentation des mouvements et partis indépendantistes présents.

Etaient donc présents à cette conférence Uriel Bertran et Miro Jordi pour l'E.R.C. (gauche catalane indépendantiste), Joseba Alvarez Forcada pour Batasuna (gauche basque indépendantiste), Fransiscu Sedda pour I.R.S. (formation indépendantiste sarde), Lloyd Quinan pour le P.S.C. (Parti socialiste écossais indépendantiste) et Bustianu Cumpostu de Sardigna Natzione (mouvement indépendantiste sarde).

" La réalité d'une participation "



Pour les représentants de l'E.R.C., le bilan s'appuie avant tout sur la participation active de leur organisation au gouvernement de la Généralitat catalane avec pour ambition première celle de faire évoluer le statut actuel vers de nouveaux considérants institutionnels afin de mettre en place - à terme - les conditions d'un nouveau dialogue avec l'Etat espagnol et portant principalement sur l'identité et la reconnaissance du peuple catalan. Il est bon de rappeler que l'E.R.C. est la troisième force politique du pays en question.

" Pour une alternative progressiste en Europe "



Pour Joseba Alvarez Forcada, la solution politique basque s'intègre inévitablement dans un nouveau dessein européen et qui touche autant à l'immigration, au social et à l'économie, qu'à l'internationalisme. Le délégué de Batasuna insiste en effet sur la nécessité d'essayer de travailler avec d'autres forces progressistes à un véritable projet alternatif de société au sein de l'Europe et dans lequel le peuple basque retrouverait toute sa place.

Concernant la situation au Pays Basque, l'analyse se porte sur les nouvelles potentialités politiques consécutives à la victoire des socialistes lors des dernières élections espagnoles et la volonté de dialogue affichée par le pouvoir en place.

Mais se pose également la question du rôle de la France, car aucun processus fiable ne pourra être entamé sans une présence de ce pays qui, ne l'oublions pas, domine également une partie importante du territoire historique basque.

" Donner une lisibilité au mouvement indépendantiste sarde "



Pour l'I.R.C., l'essentiel consiste aujourd'hui à donner une meilleure représentativité et une meilleure lisibilité du mouvement indépendantiste sarde. Fransiscu Sedda appuie son argumentation sur les initiatives de sa formation qui ces deux ans a posé les questions de la nécessité de la république sarde. Il s'agit surtout de parler de conscience politique et d'établir de nouvelles formes de luttes à ce sujet.

L'I.R.C. annonce également l'entrée d'un élu indépendantiste au parlement sarde.

" Le refus du passeport britannique "



Lloyd Quinan explique avec justesse et symbolique le refus de cette domination étrangère en terre écossaise en rappelant qu'il ne conçoit pas de voyager sous un passeport britannique, reflet de cet assujettissement que son parti combat. Le représentant du Parti Socialiste Ecossais insiste également sur les portes ouvertes par l'actuel débat européen, et à l'instar du représentant de Batasuna, met l'accent sur la construction d'une alternative progressiste garantissant les droits des peuples en Europe pour s'opposer aux états dominateurs actuellement constitués.

" Tenir haut le niveau de la lutte "



Bustianu Cumpostu pour Sardigna Natzione rappelle avant tout son entier soutien aux patriotes corses emprisonnés et insiste sur le fait qu'en Sardaigne, en l'occurrence, il faut tenir haut le niveau de la lutte. Il précise ainsi que sa formation est avant tout un mouvement de résistance et un instrument de lutte pour le peuple sarde. Il explique également que l'initiative actuelle de Sardigna Natzione est de réunir toutes les composantes et groupes de l'indépendantisme sarde pour mettre en place un mouvement pluriel indépendantiste et lancer les bases d'un projet politique.

L'exemple irlandais



Au-delà de ces explications respectives et enrichissantes, le débat a donc porté sur la réalité du processus irlandais et son comparatif avec différentes luttes. Un comparatif essentiellement basé sur la Corse et la situation actuelle de blocage. Ghjuvan Guidu Talamoni et Francescu Sargentini ont rappelé conjointement l'illisibilité des comportements successifs des gouvernements français qui oscillent entre timide processus de dévolution de compétences législatives (Matignon) et immobilisme (la page institutionnelle est refermée selon monsieur Sarkozy, actuel ministre de l'intérieur français) et répression. Les alternances présidentielles droite - gauche françaises sont l'occasion de ces manipulations qui rabaissent une aspiration identitaire au gré de ces circonstances.

Mais il faudra bien, à l'instar de ce qui s'est passé en Grande Bretagne, et de ce qui risque de se passer en Espagne car là aussi l'exemple irlandais a servi de support aux indépendantistes basques, qu'un gouvernement français ait enfin le courage politique d'ouvrir les portes du dialogue et de la concertation afin de redonner au peuple corse la dimension citoyenne qui lui échoit naturellement. En l'état actuel des choses, malgré les gestes répétitifs et unilatéraux du mouvement national corse, toute expression confondue, la situation demeure figée au bénéfice d'une répression politique qui pourtant ne fera jamais capituler celles et ceux qui aspirent à une Corse résolument tournée vers l'avenir.

Un autre débat aussi intéresse tout autant le mouvement national, c'est son éventuelle participation à cette réflexion progressiste européenne dont Batasuna ou le Parti Socialiste Ecossais, pour les nommer, ont rappelé la nécessité.

Ulivieru Sauli





 

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