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05/2006

L’action internationale de CNI

Le mois dernier le Ribombu consacrait un dossier à la situation au Pays Basque et notamment à la dernière évolution, le “cessez le feu permanent” de l’ETA. Au cour d’une conférence de presse les représentants de Corsica Nazione Indipendente sont revenus sur la situation internationale de leurs partenaires basques, mais aussi catalans pour démontrer qu’aujourd’hui en Europe il ne reste plus que la France qui se refuse à chercher une solution politique à un problème politique.

Depuis quelques mois, les situations basque et catalane sont en rapide évolution. Corsica Nazione Indipendente, qui entretient depuis des années d’étroites relations avec les principaux acteurs politiques de ces pays, a suivi avec beaucoup d’attention les opérations de ces dernières semaines.

Plusieurs responsables se sont donc rendus tant à Barcelone qu’à Bilbao. En effet, la politique internationale de CNI a conduit à un partenariat, déjà ancien, d’une part avec Batasuna en Euskal Herria et d’autre part avec Esquerra republicana, parti actuellement au pouvoir en Catalogne.


La Catalogne

Afin de suivre au quotidien les événements actuels devant conduire à la reconnaissance par Madrid des droits nationaux catalans, CNI s’est dotée d’une antenne à Barcelone. Une délégation du parti a, en outre, participé en décembre dernier à la première « Conférence méditerranéenne des nations sans Etats » organisée par le gouvernement de Catalogne et présidée par Josep Bargalló, premier ministre. À cette occasion, les mouvements républicains corse et catalan ont pu échanger sur leurs perspectives et le renforcement de leur collaboration.

C’est bien la souveraineté pure et simple qui est aujourd’hui en ligne de mire, même s’il n’est nullement question d’écarter les voies pouvant y conduire par étapes.

Madrid a beaucoup évolué, ce qui permet de voir l’avenir de façon beaucoup plus positive. Sur les plans social, économique, culturel et institutionnel la Catalogne et son gouvernement sont résolument entrés dans une véritable démarche de reconstruction nationale. D’autres contacts sont prévus avec Esquerra republicana dans les jours à venir.


Le Pays Basque

La situation y était totalement bloquée il y a seulement deux ans. Avec le changement de gouvernement et l’attitude plus ouverte de celui de Monsieur Zapatero, un processus de dialogue et de paix a pu s’ouvrir. Ces dernières semaines, une collaboration fructueuse s’est établie entre CNI et Batasuna - notamment lors du « congrès interdit » de Bilbao - devant déboucher sur des initiatives qui seront bientôt rendues publiques. S’agissant du processus de paix, CNI a salué la décision de ETA de décréter un « cessez- le-feu permanent » et l’espoir qu’elle a fait naître. Cette annonce et les réactions qui l’ont suivies montrent que lorsque l’on crée des tendances lourdes en faveur de la paix, les choses peuvent avancer très vite.

Le récent ralliement au processus de paix - hier encore jugé impossible - des principales organisations dites « de victimes du terrorisme » en est un parfait exemple. Personne ne pouvait imaginer cela il y a seulement quelques jours. Chacun peut se rendre compte que ce n’est pas à travers les incantations, les condamnations et les anathèmes que l’on construit la paix, mais par le dialogue.

Autre enseignement à retenir des récentes évolutions de la question basque : les tentatives d’isoler une partie du peuple sont illusoires et vouées à l’échec.


La Corse

Dans l’île, la situation demeure bloquée et le conflit corse est depuis quelques jours le seul où aucune solution ne semble pour l’heure envisageable. Pourtant, on a été très proche d’une solution à l’époque du processus de Matignon, qui, avant d’être interrompu pour des raisons extérieures à la Corse (l’élimination de Lionel Jospin aux élections présidentielles française), commençait déjà à porter se fruits. Est-il besoin de rappeler que 44 élus sur les 51 que compte l’Assemblée de Corse avaient validé un projet global de sortie de crise ?

D’ailleurs, les partenaires basques de CNI ont suivi de très près ce processus et ont demandé, ces derniers temps, de leur en décrire le détail, car, même si elle n’a pu être conduite à son terme, cette expérience contribue aujourd’hui à alimenter cette véritable « ingénierie de la paix », actuellement en cours d’élaboration.


Pour une « ingénierie de la paix »

Ce que l’on peut tenir aujourd’hui pour acquis, c’est que rien n’est possible sans que toutes les forces politiques, publiques ou non, participent à la construction de la paix. En Corse, la lutte armée est incontournable et il n’est pas possible d’imaginer une solution politique à laquelle cette dernière, particulièrement représentée par le FLNC Union des Combattants, n’aurait pas apporté sa contribution, comme cela a été le cas en Irlande pour l’IRA ou, plus récemment, au Pays Basque pour l’ETA. Or, cette contribution ne peut venir que dans des conditions propices à l’apaisement. À cet égard, le gouvernement français est face à ses responsabilités. Comme le gouvernement britannique à l’égard de la question irlandaise et le gouvernement de Madrid pour le problème basque, Paris devra tôt ou tard changer d’attitude. Il devra se convaincre qu’il ne se débarrassera pas du problème corse par la répression aveugle et les manipulations policières comme celles qui ont été publiquement révélées ces derniers temps.

Dans les semaines à venir, Corsica Nazione Indipendente amplifiera son action internationale, notamment auprès des autorités communautaires, et dénoncera l’attitude injuste et archaïque de la France à l’égard de la Corse, qui fait de celle-ci le dernier endroit d’Europe où l’on ne voit pas se dessiner de solution politique au conflit. En ce qui la concerne, Corsica Nazione Indipendente a clairement et publiquement formulé ses « propositions en cinq points » pour une sortie de crise, et les a prioritairement soumises à ses partenaires du mouvement national.

Aujourd’hui comme hier, CNI est pleinement disponible pour travailler avec tous ceux qui veulent construire un avenir de paix sur la terre de Corse.





 

© Corsica Nazione Indipendente — 2008