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06/08/2006

Intervention de Jean-Guy Talamoni




Au nom de Corsica Nazione Indipendente, je voudrais saluer les délégations internationales qui nous ont fait, cette année encore, l’honneur et l’amitié de répondre à notre invitation. Nous remercions tout particulièrement nos amis basques de Batasuna et catalans d’Esquerra Republicana d’être venus une fois de plus, alors qu’ils sont actuellement dans leurs pays, les uns et les autres, acteurs principaux de processus d’accession à de nouveaux espaces de souveraineté. Malgré une actualité politique surchargée, ils ont tenu à être parmi nous.

Nous saluons aussi chaleureusement, pour leur présence à nos côtés pour la première fois, des dirigeants du Tavini, parti indépendantiste ayant accédé au pouvoir en Polynésie. Dans ce beau pays, les indépendantistes sont au gouvernement et, nous n’en doutons pas, l’indépendance s’approche à grands pas !

Nous souhaitons également la bienvenue aux représentants des organisations du mouvement national, qui sont venus à Corti pour débattre avec nous de la situation de notre nation et des actions à mener en commun.

Il nous faut également remercier toutes celles et tous ceux sans lesquels les journées internationales ne pourraient pas se tenir, toutes les militantes, tous les militants de Corsica Nazione Indipendente qui se sont dépensés sans compter pour faire de ce rendez vous annuel un grand moment de partage et d’amitié.

Nous aurons également une pensée pour ceux qui ne peuvent pas être parmi nous, nos prisonniers, ainsi que pour leurs familles, qui sont pour la plupart représentées ici. Qu’ils soient assurés de notre indéfectible solidarité, amicale et patriotique.

Enfin, nous saluons ici tous ceux qui ont choisi la voie de la résistance, quale sia a manera, et tout particulièrement i militanti di u Fronte di Liberazione Naziunale di a Corsica.



LE PARTI ANTI-CORSE

L’année écoulée n’aura pas été positive pour la Corse. Elle aura cependant permis de voir plus clair dans le jeu de nos adversaires.

La situation, chacun a pu s’en rendre compte, est aujourd’hui particulièrement préoccupante, le parti anti-Corse ayant la haute main sur la politique insulaire. Le parti anti-Corse, ce n’est pas seulement le parti français, ce dernier étant présent depuis fort longtemps dans l’île. En outre, un certain nombre de nos compatriotes ont pu croire de bonne foi que l’intérêt de la Corse était de rester française, coûte que coûte. La suite des événements devait leur donner tort. Le parti anti-Corse, ce n’est pas seulement le parti de l’étranger, car il ne se limite pas à la défense d’intérêts qui ne sont pas les nôtres, ni même à pérenniser la domination d’une puissance étrangère sur notre communauté nationale. Le parti anti-Corse c’est davantage que cela. C’est celui qui travaille aujourd’hui, avec méthode et opiniâtreté, à la destruction de notre peuple en tant que réalité culturelle, historique et politique originale. Animé par des Corses et téléguidé par Paris, il affirme à présent ses positions avec une arrogance inouïe. Persuadé d’être « dans la dernière ligne droite » et de ne plus pouvoir être arrêté, il ne cache plus ses intentions.

Lorsqu’à travers son club de réflexion « La Corse dans la République », Monsieur Zuccarelli, chef de file du parti anti-Corse, prétend que l’objectif principal est de peupler la Corse de continentaux (Cf. Corse-Matin du 29 juillet), il affiche clairement la couleur : il s’agit ni plus ni moins que de noyer les Corses sous un flot de nouveaux arrivants. Le mouvement national corse n’a jamais fait preuve d’ostracisme, il a toujours dit que la Corse avait toujours « fabriqué » des Corses et considéré notre Peuple comme une communauté composée de Corses d’origine et de Corses d’adoption. Mais quelle est la nation qui renoncerait à maîtriser les flux migratoires ? Tous les pays du monde contrôlent ces phénomènes. En ce qui la concerne, la France le fait de façon énergique, parfois brutale et pas toujours respectueuse des droits de l’homme. Aujourd’hui en Corse, poser ce problème et l’aborder sereinement est une démarche de responsabilité, aux antipodes de toute dérive raciste. Qui peut prétendre qu’aujourd’hui, compte tenu de notre démographie, de la situation de notre langue, de nos emplois et de notre terre, le peuple corse pourrait subir une nouvelle vague, encore plus massive, d’immigration, sans disparaître totalement ? Personne de sérieux ne pourrait dire une telle chose, mais ce qu’il faut comprendre, c’est que la disparition de notre peuple est précisément le but de la manœuvre pour les tenants du parti anti-Corse !

Autre exemple : lorsque Monsieur Rocca Serra, autre dignitaire du parti anti-Corse, déclare sans autre précaution oratoire, qu’il faut « désanctuariser » notre île, lorsque l’on connaît la situation de notre terre, les atteintes irréversibles à notre littoral, les opérations spéculatives en cours, qui peut prétendre que notre peuple pourrait survivre à ce que Camille de Rocca Serra appelle, non sans provocation, une « désanctuarisation ». Personne de sérieux ne pourrait le dire, mais, encore une fois, ce qu’il faut bien réaliser c’est que la disparition de notre peuple est précisément l’objectif poursuivi !

L’objectif principal, du moins, l’objectif politique, la mission assignée par Paris aux politiciens d’origine corse actuellement aux affaires. Parce qu’il y a aussi pour eux un autre objectif : la satisfaction d’intérêts particuliers. Est-ce un hasard si la Collectivité Territoriale est aujourd’hui entre les mains de deux chefs de clans de l’Extrême-sud et de la Balagne, deux hauts lieux de la spéculation immobilière ? Ce que nous dénonçons aujourd’hui clairement, c’est la trahison des intérêts corses par ceux qui ont précisément la charge de les défendre !



LES RELATIONS AVEC PARIS

Aujourd’hui, la France offre au monde un spectacle lamentable. Sa classe politique prépare les élections présidentielles dans une ambiance qui tient alternativement du vaudeville et de la guerre des gangs. Le seul point d’accord entre les différents candidats à la candidature, de gauche comme de droite, c’est l’attitude d’intransigeance à l’égard de la Corse et le soutien sans faille au parti anti-Corse. Nous n’en voulons pour preuve que les dernières visites, qui sont venues conforter la position des dynasties locales :

Le Sud a eu Camille, puis Jean-Paul. Il a un nouveau Camille, qui n’est pas le plus brillant de la lignée.
Le Nord a eu Emile, puis Jean, Puis Emile qui prépare actuellement la place à Jean…

Tout ça, curieusement, au nom de la République ! Et tous ces bons républicains, qui se transmettent le pouvoir par dévolution successorale, ont reçu les encouragements de ministres parisiens d’une République aussi bananière que celles que la France installa naguère en Afrique !

À droite comme à gauche, on leur a donné des assurances : il n’y aura pas d’évolution institutionnelle et on emplira les prisons. Beau programme !

Face à l’intransigeance des gouvernants français actuels et à la perfidie de leurs valets locaux, il serait illusoire, si ce n’est ridicule, de parler encore de main tendue. Cette dernière l’a été en 2004. Elle a été ignorée par les harkis de la CTC et mordue par les chiens de garde de Paris. Désormais, chacun est face à ses responsabilités, et, en ce qui concerne le mouvement national, l’heure est indiscutablement à la lutte.



LA SITUATION CORSE

Le préfet Lemas, spécialiste de la désinformation, avait pris l’habitude de répéter que la Corse allait mieux, que la Corse allait bien. Il est rentré il y a peu dans son pays. C’est une bonne chose. Le problème, c’est que l’attitude qui consiste à ériger le mensonge en mode de gestion politique a toujours cours. Messieurs Santini et Rocca Serra, qui ont installé une annexe de la préfecture Cours Grandval sont sur la même position : « Tout va bien ! » Il est vrai qu’ils ne sont pas trop au fait des difficultés des Corses, passant le plus clair de leur temps avec la jet set parisienne. Mais les Corses, eux, ne partagent pas leur sentiment. Ils ne peuvent ignorer que la situation économique de l’île est désastreuse. S’agissant de l’industrie touristique, on a pu entendre, en début de saison, les « cocorico ! » des coqs gaulois en poste dans l’île. Ils semblent aujourd’hui, malheureusement, démentis. Apparemment, ce n’est pas cette année que les choses s’amélioreront sensiblement.

L’agriculture est en perdition. Il est vrai qu’elle ne constitue nullement une priorité pour les institutions françaises en Corse. Il est temps que les agriculteurs nationalistes trouvent enfin les chemins de l’union, si l’on veut avoir quelque espoir de voir les choses évoluer.

Pour sa part, Corsica Nazione Indipendente réaffirme son total soutien à ce secteur d’activité essentiel, qui n’est pas seulement pour nous une activité économique, mais une part de notre identité nationale.

Dans le domaine des transports, l’année écoulée a vu Paris détourner une partie du patrimoine corse. Malgré le combat exemplaire des marins du STC, les navires de la SNCM, payés par la Corse, ont été subtilisés aux profits d’intérêts privés proches des sphères gouvernementales. De nouvelles luttes s’annoncent, car les emplois des marins corses sont aujourd’hui plus que fragilisés. Corsica Nazione Indipendente réaffirme solennellement son engagement pour la création d’une compagnie publique corse.

La situation sociale de la Corse est – chacun peut le constater – totalement catastrophique, avec une augmentation de la précarité et une décorsisation effrénée des emplois, notamment des fonctions d’encadrement, systématiquement réservées à des non-Corses. Corsica Nazione Indipendente maintiendra et renforcera sa présence dans les luttes sociales, aux côtés, notamment, du STC.

Autre élément de préoccupation : notre langue nationale continue à reculer, malgré les efforts de l’Université et de nombreux acteurs culturels. La création d’un « Conseil de la langue et de la culture corse », obtenue grâce à la pression constante des élus nationaux à l’Assemblée de Corse, constitue une première avancée. Mais seule l’officialisation permettra de sauver et de développer notre langue. La situation de l’immobilier peut, quant à elle, être qualifiée d’alarmante, et nous y reviendrons dans un instant car, comme vous le savez, nous avons décidé, cette année, de faire de la défense de la terre une priorité absolue.

Au plan politique et institutionnel, le blocage actuel, extrêmement pénalisant pour la Corse et pour ses relations avec Paris, est dû, dans l’île, à l’action nocive des tenants du statu quo et, en France, à la perspective des élections présidentielles.

Enfin, la situation faite aux prisonniers politiques est inacceptable. Le traitement qu’ils subissent nous ferait presque regretter l’époque de la Cour de sûreté de l’Etat. Les peines distribuées à l’époque n’étaient pas plus injustes qu’aujourd’hui, et les militants se voyaient au moins reconnaître le statut de prisonniers politiques. S’agissant de cette question, essentielle aux yeux de nombreux Corses, la France s’est totalement déshonorée : instructions truquées, preuves fabriquées, condamnations sur le fondement de dossiers vides comme dans l’affaire Andriuzzi-Castela, persécutions de la part de l’administration pénitentiaire allant jusqu’à la complicité de tentative d’assassinat dans l’affaire d’Alain Ferrandi. L’Etat français, qui a renié sa parole sur le rapprochement des prisonniers et qui continue la politique des « sections spéciales » inaugurées par le régime de Vichy, est critiqué de toutes part : de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme jusqu’à la Conférence des Bâtonniers français, saisie par le Barreau de Bastia.



LE MOUVEMENT NATIONAL

Devant la situation désastreuse que nous venons de décrire, le Mouvement national doit prendre ses responsabilités.

Pour ce faire, l’union de toutes les organisations patriotiques est une nécessité absolue. Unione Naziunale a constitué un premier pas à cet égard. Le chemin parcouru ensemble n’est pas négligeable, notamment à l’Assemblée de Corse où les élus nationaux ont été des sentinelles vigilantes et des acteurs essentiels dans de nombreux dossiers. Mais l’union doit, à notre sens, être renforcée à travers un front d’organisations déployé sur le terrain. A « Cunsulta Naziunale » constitue assurément un espace approprié pour parvenir à une action unitaire.

Le Mouvement patriotique n’a jamais prétendu représenter seul tout le peuple corse. Mais dans le contexte actuel, face aux multiples agressions que subit la Corse, force est de constater - même si on le regrette - que les militants nationaux sont les seuls défenseurs de la Corse, puisque les autres forces politiques sont, soit complices de Paris, soit aux abonnés absents.

Les Corses, même ceux qui ne partagent pas nos idées, sentent confusément que le mouvement national demeure le dernier rempart devant les fléaux qui les menacent. Ils savent qui a défendu la langue et la culture corse, qui a empêché le bétonnage de notre littoral, qui a obtenu deux statuts particuliers, qui a arraché la réouverture de cette Université qui nous accueille aujourd’hui, opportun clin d’œil de l’Histoire… Les Corses savent qui défend, depuis des années, le maintien - et aujourd’hui le rétablissement - de l’arrêté Miot, alors que la plupart des élus insulaires ont demandé ou accepté son abrogation. Ils savent que ce sont les élus nationaux qui exigent la vérité et la justice dans l’affaire de Tchernobyl, mensonge d’Etat ayant entraîné tant de drames humains dans notre pays. Les Corses n’ignorent pas qu’en 2002, seul le groupe Corsica Nazione à l’Assemblée de Corse a voté contre le projet d’incinérateur, que le clan Zuccarelli tient absolument à implanter malgré les terribles retombées prévisibles en termes de santé publique. Les Corses se souviennent que lors des persécutions de la période Bonnet, les seuls politiques à être restés debout, quand tous les autres se couchaient, ont été les militants nationaux. Personne ne peut nier que dans la tourmente, malgré les difficultés, nous sommes restés à notre poste. Nous n’en tirons aucune gloire car nous n’avons fait que notre travail, nous n’avons fait qu’assumer les responsabilités qui nous ont été confiées. Bien sûr, il nous est arrivé de commettre des erreurs, aucune action humaine n’étant exempte de critiques. Mais les Corses sont assez clairvoyants pour imaginer ce que serait aujourd’hui la Corse si le Mouvement national n’avait pas existé.

Ces dernières années, nous avons connu diverses tentatives de dialogue avec Paris, qui n’ont été rendues possible que par la capacité du mouvement patriotique à adapter sa stratégie en fonction des différentes situations, en passant de la fermeté à l’ouverture chaque fois que cette dernière était possible. Nous avons su saisir les opportunités de dialogue. Mieux, nous les avons créées. Mais aujourd’hui, il n’y a malheureusement de place que pour la lutte. Aussi, nous le disons à nos partenaires et amis d’Unione Naziunale : dans une telle situation, alors que notre peuple est menacé comme il l’a rarement été au cours de son histoire, il n’est pas réaliste de demander la fin de l’action armée. Ce n’est pas rendre service à la Corse que de le faire, car cette attitude pourrait permettre à nos adversaires de tenter d’occulter les véritables responsabilités du conflit. Et ces responsabilités incombent exclusivement à Paris et à ses complices dans l’île. La fin de l’action armée n’interviendra, comme en Irlande du Nord ou au Pays basque, que dans le cadre d’un processus politique négocié pour régler la question nationale corse.

En ce qui concerne Corsica Nazione Indipendente, nous le disons clairement : que l’on n’attende pas de nous la moindre réserve, la moindre prise de distance à l’égard de ceux qui mènent la lutte la plus difficile, celle qui conduit aux plus grands sacrifices. Notre solidarité est, et demeurera, pleine et entière.



L’INDEPENDANCE NATIONALE

Depuis les dernières journées, Corsica Nazione Indipendente a adopté, en Assemblée Générale, son projet visant à établir une République corse indépendante, dans le cadre européen. Depuis, un projet de société a commencé à être rédigé, dont certains volets ont déjà été présentés à l’opinion corse.

L’indépendance nationale, que certains présentaient naguère comme une chimère, voire comme le fruit d’une vision archaïque, est désormais à l’ordre du jour un peu partout en Europe. En Catalogne, nos amis indépendantistes d’Esquerra Republicana sont devenus un parti de gouvernement. En Ecosse, les derniers sondages d’opinion montrent que l’idée indépendantiste est devenue majoritaire. Au Monténégro, un référendum a permis l’accession à l’indépendance.

L’Union Européenne accueille désormais en son sein des Etats bien plus petits que la Corse, comme Malte.

L’intelligentsia parisienne s’émeut de cette nouvelle donne, les « intellectuels » de droite ou de gauche regrettant ce qu’ils appellent la « balknisation du monde » et déplorant la fin du modèle français d’Etat nation. Pour notre part, nous nous en réjouissons. Nous sommes heureux de voir de petits peuples recouvrer la maîtrise de leur destin et espérons que la Corse suivra bientôt ce chemin.

Corsica Nazione Indipendente, formation représentant le courant républicain du Mouvement national corse, se félicite des évolutions en cours et réaffirme son engagement pour une souveraineté pleine et entière, l’indépendance nationale.



LA DECLARATION DES PEUPLES SANS ETAT SOUS DOMINATION FRANCAISE

Hier, les participants à la journée internationale ont vécu un moment particulièrement important, avec une déclaration qui fera date. Alors que les responsables parisiens ont l’arrogance et le cynisme de parler des « bienfaits de la colonisation », une réponse commune vient de leur être apportée.

Pour ceux qui n’étaient pas présents hier, je donne lecture de cette déclaration :

[Déclaration de Corti, du 5 août 2006] Voilà ce que les peuples sous domination française ont à dire : Non, la colonisation n’a pas généré de bienfaits. Le prétendre constitue une incroyable provocation. La colonisation, l’oppression et la domination doivent cesser dans tous nos pays. Aujourd’hui, ensemble, dans la plus étroite solidarité, nous mettons l’Etat français en accusation, face à l’opinion européenne et internationale. Cette déclaration sera, dans les semaines à venir, présentée officiellement à Bruxelles.



LA QUESTION DE LA TERRE

Si nous avons décidé de placer cette question au cœur de nos priorités, c’est parce que nous sommes à l’écoute de notre peuple. Est-il acceptable de voir de jeunes Corses contraints de quitter leur village faute de logement, quand des étrangers fortunés achètent nos terres et nos maisons pour en faire des résidences secondaires ou des opérations spéculatives ? Est-il tolérable de voir, dans nos villes, des familles corses privées de toit par l’augmentation vertigineuse du prix de l’immobilier ? Allons-nous accepter sans sourciller de nous faire jeter dehors de notre propre pays ? Allons-nous attendre de voir, comme aux îles Baléares, des régions entières où l’on n’entend plus parler que dans une langue étrangère, et où ne vit plus un seul originaire du pays ? Allons nous accepter ceci comme une fatalité, alors que d’autres Européens se protègent pour garder la maîtrise de leur territoire ?

Aujourd’hui, Corsica Nazione Indipendente prend une initiative majeure avec cette proposition de loi, élaborée par un Comité de juristes et validée par notre Ghjunta, et que nous soumettons au peuple corse. Nous avons plaidé vainement, depuis des années, pour la mise en place d’un tel dispositif. Compte tenu de l’évolution de la situation, il n’est plus possible d’attendre. Puisque les institutions françaises et l’Assemblée territoriale verrouillée par Paris s’y refusent, nous en appelons directement au peuple corse. Nous lui proposons de prendre en main la défense de ses intérêts en faisant appliquer ce texte. Nous lui demandons de s’emparer ainsi du pouvoir législatif que Paris lui a refusé. À ceux qui objecteront que tous les habitants de la Corse ne se reconnaissent pas dans cette loi, nous répondrons que nombre de Corses ne se reconnaissent pas, pour leur part, dans la loi française. Avec l’initiative que nous prenons aujourd’hui, nous proposons de passer d’un conflit de légitimité à un conflit de légalité. Car si, comme nous le pensons, cette loi correspond aux attentes des Corses, nous serons toujours suffisamment nombreux pour lui donner un commencement d’application.

Aux spéculateurs qui voudraient, bafouant notre volonté et nos intérêts collectifs, acheter nos maisons ou des morceaux de notre terre, nous dirons tranquillement : vous ne faites pas une bonne affaire, car, à supposer que vous ne rencontriez pas de difficulté avant, le premier acte des autorités nationales une fois parvenues au pouvoir consistera à vous expulser, sans indemnité, du bien indûment acquis.

D’ici là, nous demanderons à ceux qui se reconnaissent dans la nation d’appliquer ce texte, et de contribuer à son application avec les moyens à leur disposition.

Ces journées internationales 2006 auront été riches en événements et en initiatives. Les semaines et les mois qui s’annoncent ne seront pas faciles pour nous, mais gageons, avec « l’optimisme de la volonté » qui est le nôtre, que les temps à venir ne seront pas, non plus, de tout repos pour les ennemis de la Corse.

À ceux qui s’interrogent encore sur la conduite à tenir, nous demandons :

La situation faite à notre communauté est-elle tolérable ?
Peut-on compter sur la bienveillance parisienne pour y mettre un terme ?
Le peuple corse, multi-millénaire et aujourd’hui menacé de disparition, peut-il compter sur ses enfants pour le défendre ?
Le Mouvement national doit-il se mettre en ordre de bataille pour faire face aux enjeux ?
Poser ces questions c’est y répondre. Avec nous, dîtes oui.

Ne doutez plus. N’attendez pas. Ne vous demandez pas pourquoi les militants nationaux n’ont pas fait ceci ou cela. Demandez-vous plutôt, chaque matin, ce que vous pouvez faire pour votre peuple, pour votre nation, à qui vous devez tout. Tendez la main à ses défenseurs. Tendez le poing à ses agresseurs. Le chemin vers notre émancipation nationale est difficile, mais il mène à un avenir de dignité.

Evviva a lotta di u populu corsu,
Evviva a resistanza,
Evviva a Nazione,
Evviva a Corsica Nazione !





 

© Corsica Nazione Indipendente — 2008