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06/08/2005

L'Europe en question


Débat à la fois récurrent et d'actualité, la construction européenne, au-delà des consultations épisodiques organisées au sein des Etats actuels, interpelle tous les Peuples d'Europe en lutte pour la reconnaissance de leurs droits fondamentaux. Les Ghjurnate Internaziunale sont un moment privilégié pour aborder ensemble cette importante question, et dégager des perspectives pour l'avenir.


Le samedi 6 août était organisé, dans le cadre des Ghjurnate Internaziunale, un important débat sur la question européenne. Les différents participants ont, comme à l'accoutumée, rappelé les fondements historiques et les dernières évolutions de leurs luttes nationales.

La Catalogne, l'Ecosse, l'Euskadi, et la Sardaigne étaient respectivement représentés par Jordi Miro et Uriel Bertran (E.R.C.), le député Lyod Quinan et Kevin Williamson (P.S.C.), Joseba Alvarez Forcada et Zigor Goieaskoetxea (Batasuna), Bustianu Compostu (S.N.I.) et Franciscu Sedda (I.R.S.). Les questions posées et les échanges qui ont eu lieu, ont permis de préciser la vision des uns et des autres sur la question européenne et, au-delà des positions conjoncturelles qui font rarement l'unanimité, de dégager les grandes lignes d'un projet européen à porter, si possible, en commun, de manière efficace.

Les pouvoirs centraux en procès


Certains arguments ont capté l'attention, tant il est vrai que, même si les situations sont parfois très différentes, les problématiques rencontrées procèdent souvent des mêmes phénomènes. Les deux délégations sardes, par exemple, s'accordent à dénoncer toutes les décisions prises unilatéralement par le pouvoir central, notamment lorsque celles-ci mettent en péril la santé publique et l'environnement (traitements de produits nocifs, problème de la base de la Madalena, etc.) ; le statut actuel d'autonomie de l'île ayant prouvé, selon elles, ses limites et son incapacité à permettre une intégration européenne profitable au peuple, l'indépendance devient l'option la plus sérieuse.

On retiendra, par ailleurs, la forte mobilisation de la jeunesse écossaise qui a organisé récemment une des plus grandes manifestations de l'histoire de l'Ecosse.

Sur fond de contestation alter-mondialiste, et d'hostilité vis-à-vis du positionnement de l'Angleterre en Irak, discours et actions se radicalisent, l'indépendance apparaissant comme une solution des plus réalistes, et un objectif de plus en plus accessible, afin de faire entendre la voix du Peuple écossais dans un monde et une Europe en pleine mutation, et aux contours encore incertains.

De la même manière, les représentants de Batasuna ont insisté sur les opportunités qui pourraient se présenter afin d'orienter la construction européenne vers d'autres horizons que ceux définis par les états nations actuels, plus que jamais empêtrés dans des logiques imposées par les puissances d'argent.

Nombreux, dans tous les pays, sont celles et ceux qui refusent l'idée d'une Europe construite autour d'intérêts financiers apatrides, et qui revendiquent une Europe plus solidaire, plus sociale. Mais comment cette Europe pourrait-elle voir le jour, si elle s'édifiait en niant le droit, pourtant imprescriptible, de certains Peuples à disposer d'euxmêmes? A un moment ou à un autre il faudra bien que la question des nations sans états d'Europe fasse irruption dans tous les débats et sur toutes les scènes politiques.

Une autre conception de l'Europe


Les Catalans se sont, quant à eux, depuis longtemps, prononcés pour une autre conception de l'Europe, recentrée sur le Sud et la Méditerranée, où seraient davantage préservés les intérêts culturels, sociaux, et économiques de nos Peuples respectifs. Cette Europe là pourrait concourir à rééquilibrer les rapports Nord/Sud, aboutir à une logique de développement durable, tout en recentrant la notion de plus en plus éthérée d' " économie " sur l'homme et ses besoins réels.

Cette Europe là, que les nationalistes corses appellent également de leurs voeux, ne serait pas bâtie à partir des seules prérogatives d'Etats centraux, aujourd'hui contestés dans leur légitimité et - l'exemple de la France est à cet égard édifiant - frileusement repliés sur des identités virtuelles. Non, cette Europe là serait un contrat permanent et évolutif entre les Peuples des nations réelles, reconnus dans tous leurs droits, et partageant ce qui a fait le plus défaut jusqu'ici : un vrai sentiment européen.

Indipendenza, sola sperenza...


Et, pour tous les intervenants, la seule voie pour y parvenir de manière concrète est l'accès de nos Peuples à une indépendance nationale qui leur permette de se faire entendre directement, et écouter, au sein des assemblées européennes, comme a pu le faire, par exemple, l'île de Malte ; il suffit de se référer au dernier projet de constitution européenne pour le constater, tant ce dernier contient de propositions prenant en compte la situation spécifique de Malte. Ce n'est certainement pas en demeurant arrimé au bateau ivre français que notre pays pourra défendre ses intérêts dans l'Europe que d'aucuns nous préparent.

Ainsi, le débat sur la question européenne semblait s'achever sur une affirmation apparemment amplement partagée, et qui pourrait conclure bien d'autres débats :

indipendenza, sola sperenza...

Eric Simoni





 

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