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17/05/2008

A lingua di u mutu hè meddu ché quidda di u bugiardu



L’Assemblée Nationale française – une fois n’est pas coutume – a enfin débattu d’un sujet jusqu’à il y a peu tabou en France : les langues dites « régionales ».

La langue corse était évidemment concernée.

Nous avons suivi avec un grand intérêt la position des élus insulaires sur ce sujet, plus particulièrement celle de Camille de Rocca – Serra.

Notons tout d’abord une analyse bien tardive sur notre langue quand M. de Rocca Serra, de concert avec M. Santini écrivent : « Ces langues sont, en effet, un des marqueurs identitaires essentiels dont nos sociétés ont besoin en un temps ou se brouillent et s’estompent les valeurs et les repères ».

Mais le constat a ses limites et sa dimension politique prend subjectivement sa mesure quand il est dit : « Qui oserait encore prétendre, en 2008, que les langues de France menacent l’unité du pays et remettent en cause la position du français comme langue de la République ? ».

Puis la langue est confinée dans l'habituel cadre aléatoire : « Nous ne désirons pas, pour notre part, ouvrir le débat de la co-officialité parce qu’il ne nous semble pas de nature à faire progresser la discussion dans le cadre du débat à venir »…

Autrement dit, faisons patte de velours, ce sera plus productif.

La position de Camille de Rocca – Serra restreint la langue dans son emploi. L’argumentation d’un « plan stratégique d’aménagement et de développement linguistiques pour la langue corse, intégrant à la fois un projet éducatif et un projet sociétal » se heurte aux réalités orale et écrite du quotidien, si dégradées aujourd'hui que ces projets n'aboutiront qu' à des mesures inopérantes à force d' être inconsistantes.

Pour notre part, nous ne prônons évidemment pas « l’usage du français et la pratique du corse », mais bel et bien l’usage du corse et sa traduction sociétale dans toutes ses dimensions.

Le rapport du conseil scientifique de la Collectivité Territoriale de Corse est on ne peut plus clair à cet égard, qui, compte tenu de la situation sociale et linguistique du corse, estime que « la question du statut d’officialité trouve une nouvelle pertinence ».

La solution stratégique pour sauver la langue réside dans l’adoption d’un statut d’officialité.

M. Camille de Rocca Serra circonscrit « la pratique » de notre langue au cadre de sa « république » qui refuse toujours – malgré son orientation européenne – de signer la Charte européenne des langues minoritaires.

Il la circonscrit d’autant plus qu’il détache la langue de sa communauté originelle et de la culture qu'elle véhicule.

M. Camille de Rocca Serra in fine n’ose évidemment pas aborder la globalité du problème de la langue et de ses implications : sa véritable reconnaissance signifierait la prise en considération de la dimension de peuple de la communauté à laquelle elle appartient. Et donc de son identité.

Il manque en effet au discours de Camille de Rocca Serra la demande politique dont la réalisation garantira à la langue corse un avenir autre que celui de langue morte.

Nous ne voyons ici qu’un texte de portée générale qui inscrit notre langue dans un ensemble culturel délayé, un ersatz proche du folklore (qui lui aussi d' ailleurs fait partie du patrimoine). Un texte où cette tendance affirmée à fondre le Corse dans un « ensemble de langues régionales » connote un projet qui ne pourra jamais conduire, d' ailleurs, aucune des langues minorées du domaine français à faire reconnaître son identité, caractère fondamental et fondateur. Et surtout pas notre langue. Parce que, comme disait Roland Barthes: « La langue dominante est fasciste ».

En effet, qui ignore encore que « l'identité nationale » française ne peut tolérer l'existence d'autres identités dans la sienne?

Nous sommes de ce fait, nous, aux antipodes de la jobardise, des gausseries et autres sarcasmes agités par les amis de Camille de Rocca Serra, Reno et Clavier le temps d’une « enquête corse »…Inutile de s'offusquer de ces avanies récurrentes: celui qui n'ose pas s’affirmer est toujours traité à l'aune de sa pusillanimité.

CORSICA NAZIONI INDIPENDENTI





 

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