Accolta
Accolta Storia di u muvimentu Organizazione Cuntatti Adesione/Daziu Ligame
Accolta Attualità Apputamentu Elezzione Interviste Multimedia A Francia Fora Pulitica Ripressione Terra Corsa Culunisazione Lingua è Cultura Ecunumia è Suciale Internaziunale In memoria E Ghjurnate



03/12/2007

Suite aux déclarations de Fadela Amara, Paul Medurio, élu municipal de CNI à la Mairie D'Aiacciu réagit



Par une étrange inversion de la logique, ceux qui nient le peuple corse viennent tranquillement, chez nous, parler de lutte contre les discriminations.

En effet, nous rappelons que la France est, avec la Turquie, le seul état européen qui refuse de signer la convention pour la protection des minorités du Conseil de l’Europe, institution créée pour garantir la paix et le respect des droits de l’Homme et qui représente l’ensemble des pays européens. Les motifs opposés par la France à cette signature sont résumés dans l’intervention de Mme Durrieu, sénateur socialiste, en janvier 2001: « En France, la citoyenneté est la référence essentielle. Les citoyens sont égaux devant la loi, mais les droits sont individuels et universels, sans distinction de sexe, de race ou de religion, sans discrimination. Ces droits vont au-delà des droits collectifs et spécifiques. C'est notre culture, notre référence essentielle. »

Cette singularité française avait été critiquée par M. Gil Robles, commissaire européen aux droits de l'homme, dans un rapport remarqué de 2005 sur les droits de l’homme en France. Elle a été dénoncée par l’assemblée parlementaire du conseil de l’Europe encore tout récemment puisque la recommandation du 4/10/2006 demande aux états non signataires « de mettre leurs actes en conformité avec leurs paroles, de sorte à assurer la protection effective des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou à des groupes minoritaires sous l’autorité de la Cour européenne des Droits de l’Homme. »

La conséquence de cette négation officielle de notre peuple est que toute personne insultée, brimée, exclue en raison de sa qualité de corse ne peut faire valoir ses droits devant un tribunal, alors que toutes les autres minorités peuvent le faire. Ainsi, la cour de cassation, qui statuait sur une plainte d’Ava Basta, a jugé que le fait de s’attaquer aux corses en tant que tels ne constitue pas un délit car « le citoyen français corse n'appartient ni à une ethnie, ni à une nation, ni à une race ou une religion déterminée ».

Lors de la venue de Mme AMARA, nous lui avons exposé cette problématique.

Sa réponse a été : « Moi aussi on m’a traité de sale auvergnate, mais ce n’est pas grave car nous faisons tous partie de ce grand peuple français », et ce, devant un parterre d’officiels, notamment de la mairie, de la CTC et autres, restés sans réaction.

Les propos ironiques de l’intéressée, qui démontrent par ailleurs qu’elle doit se sentir bien peu « auvergnate », sont dans la ligne de multiples déclarations selon lesquelles les corses ne peuvent se sentir discriminés en tant que tels, puisqu’ils n’existent pas.

Ces considérations devraient donc nous inciter a réfléchir sur les objectifs recherchés avec la primeur de l’installation en Corse du premier pole anti discrimination de France.

Mais rassurons nous, il y a des domaines où notre spécificité est reconnue : nous bénéficions d’une discrimination positive dans l’affectation des forces de police ( 4 fois plus que la moyenne française), dans le recours aux juridictions d’exception pour réprimer les militants nationalistes…

En matière économique, nous détenons par exemple le record de signature des CNE (contrats précaires qui viennent d’être déclarés contraires au droit par l’organisation internationale du travail), nous sommes bon derniers pour le revenu par habitant etc. etc.…. et la liste est malheureusement loin d’être exhaustive…

Paulu Medurio, élu municipal Aiacciu de Corsica Nazione Indipendente





 

© Corsica Nazione Indipendente — 2008