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29/11/2007

CNI et la commission ad hoc



Les élus de Corsica Nazione Indipendente ont pris acte de l’accord existant actuellement entre les autres responsables de groupes sur un « exposé des motifs », texte constituant une sorte de préambule aux travaux de la commission ad hoc.

Par un courrier adressé la semaine dernière à la présidence de l’Assemblée, Corsica Nazione Indipendente a fait savoir qu’il ne pouvait valider ce texte.

Dans un communiqué diffusé lundi dernier, Camille de Rocca Serra a rendue publique notre position.

Nous sommes donc conduits à expliquer ce refus de validation d’un texte que les autres élus ont agréé.

Corsica Nazione Indipendente estime tout d’abord que la tonalité générale de ce texte, qui donne de la situation actuelle de l’île une image plutôt positive et qui prétend constater des améliorations, est en décalage avec la réalité que vivent aujourd’hui la plupart des Corses, nationalistes ou pas.

Lorsque l’on lit par exemple : « D’indéniables progrès sont enregistrés. La Corse commence à se repeupler, elle est mieux équipée, ses principales activités économiques connaissent un certain progrès ou sont mieux préparées à le connaître, sa jeunesse est mieux formée, tandis qu’elle s’est davantage ouverte à la culture…  », on ne peut que s’interroger sur l’efficacité de la méthode Coué pour faire face aux problèmes qui assaillent notre pays.

De quel progrès parle t’on, au moment où le peuple corse est chassé de sa terre ? La Corse se repeuple ? Certainement ! Elle se repeuple à un rythme soutenu de 4000 nouveaux arrivants par an, qui font main basse sur les biens immobiliers et sur les emplois, en particulier les emplois à responsabilités.

Les Corses ne peuvent plus acheter une maison dans leur village ou dans leur quartier. Leur vie professionnelle se résume souvent à deux sigles : ANPE et RMI.

Beaucoup de nos jeunes sont conduits à quitter leur pays, ce qui n’enraye pas, il est vrai, un repeuplement opéré à partir d’arrivées massives d’étrangers que la Corse ne parvient plus à adopter, comme elle l’a fait tout au long de son histoire. En fait, c’est bien une démarche de substitution ethnique qui est actuellement en cours.

À ce sujet, les termes du texte proposé ne sont pas seulement erronés mais surréalistes.

Le texte reconnaît toutefois que « demeurent de nombreuses questions à caractère économique, social, culturel et environnemental qui n’ont pas été résolues ». Dans cette liste qui donne la feuille de route de la commission ad hoc, on ne trouve évidemment pas le problème fondamental, à savoir le problème politique. On semble donc adhérer à la vieille rengaine, entonnée il y a plusieurs décennies par Giscard d’Estaing et reprise aujourd’hui par le gouvernement de Sarkozy : « Il n’y a pas de problème corse mais des problèmes en Corse. »

Corsica Nazione Indipendente ne peut cautionner cette vision des choses.

Enfin, le texte ne fait pas l’économie d’un passage sur ce qu’il appelle la violence politique. Dans le cas inverse, il ne pourrait être signé par les élus UMP sans s’attirer les foudres de leur maître parisien. Ainsi, on peut lire : « L’apaisement est en effet indispensable tant à l’essor durable de la Corse qu’à la cohésion de la société, car la violence, qu’elle soit de nature politique ou autre, est à la fois la révélation d’un échec et la source d’autres échecs ». Le groupe Corsica Nazione Indipendente souhaite bien entendu que la paix s’installe dans l’île, mais cette perspective ne pourra se présenter qu’avec l’arrêt des agressions que subit actuellement la Corse et la reconnaissance des droits collectifs de notre peuple. Dans le cas contraire, l’apaisement auquel il est fait référence ne peut relever que de l’anesthésie, ce à quoi, pour notre part, nous ne pouvons souscrire.

Ceux qui souhaitent réellement la paix, et ils sont certainement nombreux au sein de la commission mixte, devraient commencer par exiger l’arrêt de la politique funeste et arrogante menée par Paris à l’égard des Corses, et porter un regard solidaire sur ceux qui continuent à prendre tous les risques pour tenter de sauver notre peuple.

Pour toutes ces raisons, nous ne signons pas ce texte qui mêle les causes et les effets, qui confond la réalité avec les mensonges distillés par Paris. Nous ne signons pas ce texte qui, par ses affirmations et ses silences, ne peut conduire les responsables corses qu’à la soumission, au moment où seule la résistance est de mise.

Pour leur part, les élus de Corsica Nazione Indipendente à l’Assemblée continueront à porter le message politique qui est celui de la lutte nationale et à défendre leurs propositions, refusant d’édulcorer leurs positions pour parvenir à un consensus artificiel qui ne pourrait que s’avérer négatif pour la Corse.

CORSICA NAZIONE INDIPENDENTE





 

© Corsica Nazione Indipendente — 2008